Les éleveurs

07 temoignage ThGanem 400Témoignage de Thierry Ganem

Thierry Ganem est éleveur Pasto’Loire depuis 2012. Avec Jos Meyer et son fils Matthieu, ils font pâturer, de mi-avril à mi-octobre, leur troupeau de 750 brebis et agneaux sur les sites Conservatoire des Friches des Parterres, des Mahyses et de la Plaine de l’Ormette, dans le Loiret (22 hectares). Il nous livre son sentiment sur le pâturage sur les bords de Loire. Il évoque une « activité passionnante mais très exigeante » et souligne son « impression de faire quelque chose d'utile pour la planète » mais il déplore aussi le manque d’aide et de reconnaissance.

Qu'est-ce qui t'a amené à vouloir t'installer comme éleveur sur les bords de Loire ?
C'est la rencontre avec Jos qui voulait changer de vie et était motivée par ce projet.
Cela a permis de développer l’élevage puis d’y intégrer mon fils Matthieu qui a rejoint le Gaec au 1er janvier 2016.
Étant à la fois éleveur et gestionnaire forestier, j'ai toujours pensé qu'il y avait beaucoup trop de végétation non agricole inutilisée et je suis convaincu que l'on peut trouver des alternatives à l'entretien mécanique.

Quel est le quotidien du troupeau sur les bords de Loire ?
C'est beaucoup, beaucoup de travail, 7 jours sur 7, pour garder, déplacer les parcs, effectuer les interventions sur les animaux, transhumer par des itinéraires compliqués.

Quels sont les atouts de l'opération Pasto'Loire ?
L'entretien écologique, économique et durable de milieux fragiles. La création d'emplois agricoles et le développement ou la création d'élevages qui ne se fait pas au détriment d'autres exploitations (agrandissement).

Quelles sont les contraintes et difficultés rencontrées ?
Les contraintes sont nombreuses et beaucoup plus importantes que ce que j'avais pensé au départ.
Cela nécessite une grande capacité d'adaptation aux aléas climatiques, aux crues, aux problèmes sanitaires et tout est beaucoup plus compliqué quand on est 50 km de chez soi et que l'on doit transhumer de site en site.
Mais ce qui est le plus décevant c'est l’attitude des gens vis à vis de notre activité. Ce sont non seulement, parfois, des attitudes hostiles mais aussi des incivilités, des vols et des dégradations.
La dimension administrative est également assez lourde (demandes d’autorisations, contraintes…).
On a parfois l'impression de gêner par notre présence sur les bords de Loire mais peu de monde accepterait de faire ce que l'on fait. Et c’est utile pour la planète…

Friches Parterres PastoLoire 140516 IG 14Les autres éléveurs du projet

Didier Crèche, GAEC Crèche frères - Ferme de la Faubonnière à Chémery - www.fermedelafaubonniere.com

Didier fait partie des précurseurs du projet puisqu'il est intervenu sur les sites de Dampierre-en-Burly et du Méandre de Guilly dès les années 2000. A l'aide de son cousin berger, Michel Crèche, ils ont débroussaillé, notamment averc des brebis solognotes, la pratique du pastoralisme itinérant sur les bords de Loire pendant de nombreuses années et ont animé les ponts ligériens de traversées annuelles lors des transhumances. Didier est en outre impliqué dans le flock book solognot, association de protection et de valorisation de la race ovine solognote. Son troupeau de 700 brebis et agneaux intervient aujourd'hui sur le Méandre de Guilly.

Philippe Le Grelle, Domaine Saint-Marie-des-Gués, Ouzouer-sur-Loire

Philippe participe au projet Pasto'Loire depuis 2005. Adepte du bio, il a à coeur de réaliser des pratiques respectueuses de l'environnement dans ses activités d'élevage. Il fait pâturer son troupeau sur les sites de Benne, à Dampierre-en-Burly, et de la Plaine de Villaine, à Ouzouer-sur-Loire, de mi-avril à mi-octobre.

Gilles Bézy, installé sur la commune de Nevoy, il fait pâturer à partir d'avril, de façon tournante sur 25 hectares de domaine public fluvial, près d'une cinquantaine de génisses dont 15 charolaises, accompagnées d'une vingtaine de veaux et de 2 taureaux.

Thierry Bézy, EARL le Chemin de Loire, à Nevoy
Une dizaine de vaches et leurs veaux pâturent 8 hectares de domaine public fluvial, sur le regain, d'août à octobre.

Le GAEC Lefaucheux, constitué des frères Lefaucheux,  fait pâturer 15 à 25 génisses Prim'Holstein sur 22 hectares de domaine public fluvial à Sully-sur-Loire de mi-mai à mi-octobre.
Petit retour sur son installation dans la République du Centre.

Le GAEC Le port Gallier fait pâturer 18 génisses Prim'Holstein sur 11 hectares de domaine public fluvial et sur des parcelles privées, à Poilly-lez-Gien, de mi-avril à fin octobre.

 

PastHorizons br

Au sein du collectif Past'Horizon - http://pasthorizonloire.blogspot.fr/

L’association Past’Horizons contribue à l’installation de jeunes éleveurs bergers en leur proposant de s’impliquer dans ce projet sous la forme d’espaces tests agricoles.

Bernard Girard a rejoint le projet en 2006. Éleveur et berger transhumant depuis trente ans en région de montagne, il a été rapidement séduit par la mission d'entretien des espaces ligériens qui lui a été confiée ici.
"Notre métier impose de sévères contraintes dont celle d'être présent au troupeau, chaque jour indépendamment des jours fériés ou des week-ends. Mais pour qui aime profondément la nature les animaux et la liberté d'action, ces contraintes sont largement compensées par le sentiment d'agir dans l'intérêt de la nature et de ses habitants. J'ai conscience d'être utile et j'y trouve une réelle satisfaction..."
Après avoir parcouru les sites ligériens de l'est du Loiret, Bernard fait aujourd'hui pâturer, quasiment toute l'année, son troupeau entre Cher et Nièvre, sur le secteur de la Réserve Naturelle du Val de Loire, mais aussi, côté Nièvre, à la Celle-sur-Loire (site naturel des Brocs géré par le Cen Bourgogne), Challuy (60 hectares de domaine public fluvial et parcelles communales) et Marzy (27 hectares appartenant à la LPO Nièvre).

Mylène Perelli fait pâturer son troupeau de 250 brebis notamment sur l'Espace naturel sensible du Bec d'Allier, de mars à novembre.

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