La Truite fario
Salmo trutta
Également appelée la Truite de rivière, la Truite fario est présente et se reproduit dans tous les départements de Centre-Val de Loire. Affectionnant les eaux fraîches, on la retrouve dans des eaux vives et bien oxygénées, riche en granulométrie et en abris. Sensible aux perturbations physiques et chimiques des rivières, la Truite fario est une espèce bio-indicatrice pour évaluer un cours d’eau.
Elle effectue deux types de migration au cours de sa vie : les migrations d’automne pour les adultes, remontant les cours d’eau pour accéder aux frayères où ils se retrouvent entre novembre et janvier ; et les migrations des juvéniles, qui descendent le cours d’eau en aval pour conquérir de nouveaux habitats et limiter la compétition. De nature territoriale et solitaire, chaque individu a un territoire défini en fonction de la hiérarchie.
Les populations de truite fario possèdent une variabilité phénotypique et génétique spécifique à chaque rivière, pouvant se traduire par des variations de motifs et de couleurs entre deux populations différentes. Cette variabilité génétique spécifique au cours d’eau induit également qu’en cas de disparition d’une population, c’est également la disparition d’une souche génétique qui disparaît et la réintroduction de nouveau individu, non adapté à ce milieu, en devient très difficile.
Suite à la réalisation de nombreux travaux hydrauliques lourds dans les années 1970-1990 et l’implantation d’édifices comme des barrages, la Truite fario a, soit disparu de nombreux cours d’eau en région (principalement sur le plateau calcaire céréalier), soit ses populations sauvages y sont relictuelles. L’artificialisation des cours d’eau, souvent associée à la destruction ou à la dégradation des zones de frayères, ont entrainé une diminution conséquente de son aire de répartition. Les populations en bon état de conservation étant relativement rares en région, cette dernière est classée comme « Quasi-menacée (NT) » sur la liste rouge régionale Centre Val de Loire, voire limite « vulnérable (VU) » au niveau régional.
Le changement climatique fait également partie des causes de sa raréfaction. Les perturbations hydrologiques, telles que la baisse des débits à des niveaux extrêmes ou encore la hausse des températures avec des périodes de forte chaleur plus régulières et importantes, réduisent les capacités d’accueil de certains cours d’eau qui viennent à manquer d’eau et qui tendent à se réchauffer